Chercheurs de vie

Il y a deux semaines, j’ai été attristé d’entendre aux informations qu’aucun pays ne voulait prendre en charge les migrants de l’Aquarius.   Ce qui m’a fait le plus mal c’est que les états parlent  et négocient l’accueil de ces êtres humains comme si leur sort n’intéressait personne, comme s’ils n’étaient rien, comme si leur vie ne comptait pas !

J’ai ruminé toute la journée mes pensées, comment est-ce possible, comment nous-pouvons accepter de laisser couler avec eux notre humanité. Notre civilisation n’a-t-elle pas de cœur ? Sommes-nous-si égoïste de notre confort, de notre mode de vie au point d’accepter ces tragédies ?

Notre seule différence vis-à-vis de ces humains est notre lieu de naissance, nous avons simplement de la chance, chance d’être nées dans un pays développé, chance de vivre dans un pays en paix !

Et si nous aussi un jour nous cherchions à fuir notre pays, accepterions-nous d’être traité comme des intrus, comme un poids mort dont personne ne veut ? imaginons-nous quelques instants à la place de ces personnes, le temps d’un poème et réfléchissons à notre façon de traiter la vie.

 

CHERCHEURS DE VIE

Je m’appelle Salomé,
Je pars pour survivre,
La guerre m’a tout pris.
Je veux vivre en paix,
Voir mon enfant grandir,
Et donner un sens à nos vies.

Je m’appelle Anouar,
Je pars pour survivre,
La famine et mon quotidien.
L’Europe est mon dernier espoir,
Je veux simplement vivre,
Et enfin voir vers demain.

Je m’appelle Bachir,
Maman m’a emmené un soir d’été,
Elle m’a dit que c’est pour mon bien.
Je veux pouvoir jouer et grandir,
M’instruire et me cultiver,
Et demain, être un grand être humain.

Nous sommes Salomé, Anouar et Bachir,
À travers montagnes, déserts et mers nous voyageons,
Nous suivons le chemin du bonheur, de la paix et de la vie.
Mais cette nuit, dans cette mer nous allons périr,
Dans l’indifférence de toutes ces patries, Nous mourrons,
Par ce que nous avons cherché la vie.

Je m’appelle Humanité,
Je suis le cœur et l’âme de l’être humain,
Et moi aussi je suis parti,
J’ai fui votre égoïsme et vos craintes infondées
Et progressivement je meurs dans votre dédain.
Sans moi, vous perdrez le sens de la vie.

Je suis née en France, patrie des droits de l’homme et pays des lumières,
Je suis le descendant de Montesquieu, Rousseau, Diderot et tant d’autres,
Aujourd’hui, j’ai honte pour mon pays, Honte pour l’humanité tout entière.
Traiter ces chercheurs de vie comme s’ils n’étaient pas des nôtres
Et considérer que l’intérêt économique prime sur la vie humaine,
Fait de nous leurs bourreaux !

Nous sommes tous coupable,
Ne rien dire, ne rien faire,
C’est accepter ce que l’homme a de pire au fond de lui.
Je ne peux me résoudre à regarder notre conscience sombrer sans agir,
Je refuse que nos enfants vivent dans ce triste monde.
Alors je m’élève pour combattre.

La plume abreuvée par mes larmes est mon arme,
La feuille que mon cœur a érigée est mon bouclier,
Je ne baisserais pas mon glaive,
Le poids des mots surpasse toute violence,
Ma conscience sera ma ligne de défense.

Alors avec ma plume, j’écris,
Avec mes larmes j’écris,
Avec mon cœur, j’écris,
Pour demain, j’écris.

Je me bats pour que jamais, au grand jamais
Dans l’abîme de notre civilisation,
Nous ne laissons disparaître notre humanité.

Steve Berna 07/10/2018 Tous droits réservés.

Mes écrits m’appartiennent, mais je souhaite partager mes pensées. Pour le respect de mon travail, merci de ne pas faire de copie de ce texte sans citer la source ou sans transférer le lien vers mon blog.

 

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