L’éducation

Aujourd’hui, nous éduquons nos enfants bien souvent en suivant le schéma éducatif que nous avons nous même suivi. Ce n’est pas une faute, la nature est ainsi faite, on ne reçoit pas de notice explicative à la naissance de nos enfants, il est tout à fait normal que l’on s’inspire de l’éducation que l’on a nous-mêmes reçue.

Mais est-ce la bonne chose à faire ?

La pédopsychologie aujourd’hui nous offre une nouvelle vision éducative, contrairement à nos parents, nous savons ce dont nos enfants ont besoin. L’enfant n’est pas seulement un être en devenir, c’est aussi un être doué de conscience qui doit apprendre à suivre sa propre voie.

Il faut revoir tout notre système éducatif, il faut sortir de ce schéma qui date d’un autre siècle !

Pour cela, il faut démarrer dès la petite enfance, il faut bannir les douces violences, il faut que l’on soit bienveillant, il faut laisser l’enfant apprendre et faire ses expériences par lui-même sans le porter, sans le diriger (dans la mesure où il ne se met pas en danger ! ). Il fera des erreurs, mais il apprendra autant de ses échecs que de ses réussites, il se fera sa propre opinion, il sera plus ouvert au monde et le comprendra mieux !

Des méthodes qui ont fait leurs preuves sont en train d’éclore dans nos crèches, chez nos assistantes maternelles : Montessori, Pikler, le langage des signes… il faut aujourd’hui que nous éduquions nos enfants en suivants ces méthodes plus respectueuses de leur développement ! Mais pour mieux éduquer nos enfants, il faut un plan de formation identique pour tous les professionnels de la petite enfance, il faut que tous aillent dans le même sens !

Je ne peux pas parler de l’enfant sans citer ce texte de KHALIL GIBRAN tiré de son recueil  » Le Prophète »

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Ce texte nous montre la vision éducative, et notre rôle de parent, d’éducateur qu’il faut observer avec les enfants.Il à été écrit en 981 , soit il y a plus d’un millénaire.

 

Si la petite enfance est importante pour la vie future de nos descendants, la scolarité ne doit pas faire oublier les trois premières années de vie, elle doit être dans sa continuité sinon elle ne fera qu’annuler ce qui a été fait.

Notre système scolaire est lui aussi resté bloqué au siècle dernier, il ne prend pas en compte les besoins de l’enfant et ne l’ouvre pas suffisamment au monde. Aujourd’hui encore nous sommes trop dans la confrontation, dans la comparaison et dans l’individualisme qui pousse nos enfants à écraser les autres enfants  tout comme l’homme écrase son prochain. Ils doivent apprendre à travailler ensemble pour avancer en faisant fi des différences.

Le niveau scolaire ne cesse de baisser, cela est normal. Les élèves sont tirées vers le bas pour entrer dans cette uniformisation des savoirs, l’éducation ne prend pas en compte l’individu mais le groupe pour l’amener à une base de connaissances commune… On se retrouve donc avec des élèves qui ont des capacités bridées par le niveau de la classe dans certaines matières et d’autres qui sont dépassés et qui luttent pour ne pas sombrer.

je me souviens d’une discussion avec l’un des professeurs de mon fils en grande section maternelle. Celui-ci m’avait dit : Votre fils est incroyable, il maîtrise tout du niveau CP déjà. Je suis dépassé, quand un enfant a des difficultés, j’ai les moyens de le pousser à être un bon élève, mais avec votre fils je n’ai pas les armes, je ne sais que faire !  » Après cette discussion, nous avons fait évaluer notre enfant et il s’est avéré qu’il est haut potentiel. Nous avons laissé  passer son année scolaire où mon fils a perdu un an, une année où il aurait pu apprendre plus (il a toujours été très demandeur ! ). L’année d’après fut un calvaire au CP, Mon fils s’est clairement ennuyé. Son franc-parler était dérangeant pour les professeurs et surtout il n’a pas appris à travailler, à se faire  violence pour apprendre. Je suis rentré en combat, non il n’était pas concevable de gâcher tant de talents, j’ai alors poussé une directrice réticente au saut de classe à faire ce qui devait être fait et cela n’était pas chose aisée de convaincre cette personne.J’ai pu voir les limites de l’Éducation nationale, sa pensée fermée à toute évolution du système scolaire et la non-prise en compte des différences qui mène à l’exclusion.

Aujourd’hui mon fils est en Cm1 il a sauté une classe, il est très bon dans quasiment toutes les matières mais  un peu moins en allemand ou il est obligé de travailler pour être au niveau. Je sais très bien que la prochaine étape du collège sera très compliquée.
Il va devoir respecter des méthodes et règles de raisonnement qu’on lui dicte, il ne les comprendra jamais car mon fils ne pense pas comme 90% des enfants. Il a ses propres raisonnements qui le mènent au bon résultat, mais il ne sait les expliquer or au collège, c’est plus la façon de raisonner que le résultat qui compte. Le risque est que mon fils n’obtienne pas de bonnes note, qu’il sombre totalement en errant comme un zombi dans la classe assommée par les remarques des professeurs (fainéant, ne veux pas travailler…). Ce qui peut lui fermer les portes du lycée et des études supérieures ou c’est le résultat et non le raisonnement qui compte et où son vrai potentiel peut être mis à profit !

Je suis bien placé pour en parler, j’ai été ce zombi au fond de classe qui attendait la fin de ce collège. J’ai su prendre des routes détournées pour être ce que je suis, j’ai pris plein de chemins, passé plusieurs diplômes, exercé de nombreux métiers en cherchant ma voie. Peut-être que si l’on ne m’avait pas traité comme un moins que rien, un poids mort, si le corps enseignant ne m’avait pas montré et considéré comme un nul, une personne inutile je ne me serais pas  perdu. Peut-être que je n’aurais pas été pris à partie par d’autres camarades qui me harcelaient physiquement et moralement, peut-être que j’aurais eu confiance en moi, peut-être que je n’aurais pas perdu 15 ans à trouver ma voie  ! Avec du recul, je me dis que l’école aurait pu me détruire, j’ai été fort et j’ai su m’entourer des bonnes personnes pour ne pas sombrer. Vous comprendrez aisément pourquoi je ne veux pas que cela arrive à mon fils ou à d’autres enfants.

Pourquoi donc l’éducation nationale estime qu’un âge correspond à un socle de savoir ? Je penses que l’école de demain doit prendre en compte les différences, un élève peut très bien avoir deux ans d’avance en math et un an de retard en français non ? ne serait-il pas moins exclu et plus épanoui dans des classes avec des enfants au même niveau que lui ? Pour cela il faut revoir notre système scolaire, je pense qu’ il faudrait instruire les élèves par niveau de connaissance selon les matières et non par âge pour l’ensemble des savoirs à acquérir. Il faut pour cela  créer des classes où se côtoient des enfants d’âges différents mais de mêmes niveaux dans différentes matières.

Prenons un exemple :

Un élève de collège de 12 ans peut être de niveau mathématique 5 (niveau cinquième) français 4 (niveau quatrième)  et science 3 (niveau troisième) évidemment le but est de l’ amener à chaque fois au niveau 3. Ce schéma peut démarrer dès le primaire, pourquoi un bon élève en cm² ne pourrait pas suivre les matières de sixième? pourquoi doit il attendre 1 an pour avoir droit d’apprendre plus?

En faisant de la sorte, nous leur laisserons l’opportunité d’améliorer leurs points faibles, et ils rendront plus grands leurs points forts !

Il faut aussi que nos enseignants rendent leurs leçons plus vivantes. Et pour rendre les choses plus facilement intégrables il ne faut pas hésiter à mettre en pratique les savoirs. Pour calculer le périmètre d’un rectangle quoi de plus parlant que de sortir,de tracer celui-ci sur le sol puis de voir avec eux comment le mesurer en les laissant faire, avant de donner le calcul pour vérifier que cela correspond ? cela permet aux enfants de s’impliquer d’être acteur de leur apprentissage pour mieux le comprendre et l’assimilé plutôt que d’être assis en spectateur devant sa feuille.
Bien sûre cela aurait un coût, il faudrait embaucher des professeurs supplémentaires, les former… mais cela ne sera pas à perte, plus tard, ces enfants auront les connaissances, et une agilité d’esprit qui leur permettra à eux et à la France d’être plus grand et plus fort dans tous les domaines ! cela demandera un sacrifice financier à l’état et aux citoyens avant de voir les premiers résultats, mais ce sacrifice sera effacé par le monde que créerons nos enfants. N’est-ce pas notre rôle de parent de donner en héritage un monde plus grand à notre descendance ?

Notre société est fondée sur l’exclusion, les pauvres sont exclus, les chômeurs sont exclus, les étrangers sont exclus et d’une manière générale les personnes différentes vis-à-vis de la majorité des Français sont exclues.

Alors pourquoi reproduisons-nous ce schéma sur nos enfants ? Notre système éducatif, notre volonté et nos croyances de parents nous amènent à pousser nos enfants à la compétition. Nous croyons à tort que pour avoir de meilleures chances plus tard  ils doivent être plus fort que leurs prochains. Nous sommes dans une société qui a érigé la domination de l’autre comme un prérequis à la réussite !

Est-ce cela que nous voulons apprendre à nos enfants?

je pense qu’il faut repenser l’éducation dans un but d’épanouissement et non de sélection et de discrimination.

 

Steve berna le 15/10/2018 Tous droits réservés.

Mes écrits m’appartiennent, si j’écris c’est pour partager mes pensées. Pour le respect de mon travail, merci de ne pas faire de copie de ce texte sans citer la source ou sans transférer le lien de mon blog. 

 

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