L’assistant maternel

Comme je le disais dans mon précédent article être et ne plus paraître, je suis en pleine écriture de ma présentation pour mon livre. Dans celui-ci Je ferais une brève autobiographie pour expliquer qui je suis.

Lorsque l’on retrace son histoire, on peut voir et ressentir tous les instants qui ont façonné notre personnalité comme autant de masques qui se superposent les uns aux autres sur notre être. Il devient alors plus simple, une fois repéré de les retirer les uns après les autres pour enfin apercevoir ce qui se cache en dessous et le faire rayonner. C’est un superbe exercice.

Dans cet article, je ne vous conterais pas les moments les plus difficiles de ma vie. Ils ont mis des couches d’apparence très dures à retirer sur ma personnalité, mais je les ai repérés. Ce n’est qu’une question de temps avant que je ne les arrache. Un jour peut-être aurais-je assez de force pour les dévoiler à quelqu’un. Cela me permettra de les déchirer pour les détruire.Je suis persuadé que quand on se dévoile à autrui, on montre sa véritable essence et elle nous est renvoyée en reflet.

Ici, je parlerais d’une période récente, d’un changement radical dans ma vie. C’est le point de départ de l’autonomie de mes pensées et de la prise de conscience de mon être.

Je suis devenu assistant maternel !

Je n’ai que 33 ans, mais j’ai dans ma vie professionnelle exercé beaucoup de métiers. J’ai été boulanger, pâtissier, préparateur de commande, j’ai travaillé dans la chimie en recherche et développement, j’ai été commercial dans une agence intérimaire, vendeur spécialisé en magasin. Aucun de ces emplois n’étaient en adéquation avec ce que je suis. J’ai toujours eu ce sentiment que je n’étais pas à ma place bien que j’ai toujours été un bon élément pour mes employeurs !

J’ai donc décidé de devenir assistant maternel après mon dernier emploi de vendeur en magasin. Je suis un homme qui veut faire ce qu’il lui plaît et non un travail alimentaire.

L’idée de devenir assistant maternel me trottait dans la tête depuis quelques années. Mais pour y arriver, j’ai dû ôter tous mes doutes. Oui, j’avais peur. Peur que mon sexe soit un frein dans cet emploi, c’est un emploi féminin à plus de 95% y trouverais-je ma place? J’avais aussi peur d’une chose invraisemblable, j’avais peur de trouver le bon chemin, y étais-je prêt, est-ce que je méritais d’être heureux? Je retombe toujours sur mes pattes, je n’ai jamais eu peur du chômage ou de la pauvreté, la peur est un frein, alors pour quoi me mettre des barrières ?

J’ai franchi le pas, j’ai rompu mon contrat avec mon employeur, je voulais faire ce que je désirais, rien ne m’arrêterait !

Aujourd’hui je me rends compte que c’est l’un des meilleurs choix que j’ai pu faire dans ma vie. Grâce à mon métier, toutes les portes s’ouvrent comme si le chemin de ma vie n’était plus balisé.

J’avais quelques craintes au départ, mais les contrats sont arrivés avant même ma réception d’agrément. Depuis je suis complet et j’ai dû demander une modification d’agrément pour garder un 3e enfant ( c’est ma limite personnelle haute, au-delà de 3, je ne ferais pas un travail en accord avec mes principes, et je ne renie jamais mes principes !).

Cela fait quatre ans que je fais ce métier ( c’est la première fois que je garde un métier aussi longtemps !), je dois avouer que toute la vie de ma famille a changé, comme si c’était une évidence de suivre cette voie. Je gagne bien mieux ma vie que par le passé, ma femme n’a plus le besoin de rentrer plus tôt de son travail pour chercher nos enfants. Elle a pu prendre des responsabilités dans son emploi (et donc a obtenu un meilleur salaire) et surtout, nous avons une vie de famille bien plus équilibrée. Nous ne sommes pas riches pour autant, d’ailleurs ce n’était pas l’objectif, nous ne voulions pas gagner plus quand j’ai démarré mon emploi. L’argent excédent ne fait pas de nous des dépensiers, notre train de vie n’a pas changé, le seul petit bonus que nous nous permettons, c’est une femme de ménage deux heures par semaine. Elle vient de bon cœur c’est une dame adorable et nous ne sommes pas des plus exigeants sur son travail !

Pourtant, si beaucoup de choses se passent bien aujourd’hui, j’ai dû prendre sur moi au départ. Faire un métier féminin et s’assumer en tant qu’homme demande une certaine ouverture d’esprit, car dans un monde où les différences sont excluantes, les gens peuvent être durs.

Voici le best of des remarques que j’ai eues par des hommes, je les laisse tels quels sans en adoucir les mots :

– Tu es sûre que tu n’as pas une chatte à la place de ta queue?

– Tu sais, moi les hommes je n’ai pas confiance, avec tout ce qui se passe la pédophilie et tout, je ne laisserais pas ma fille à un homme !

– Un homme, ce n’est pas fait pour garder les enfants, c’est le rôle de la femme c’est elle qui donne la vie c’est son rôle de mère !

– Tu n’es pas un pédé refoulé pour faire ce genre de métier?

J’ai serré les dents, j’ai laissé ces gens penser comme ils l’entendent, moi j’avais ma volonté. J’ai encaissé, plus les mots étaient durs, plus je m’ affirmais dans mon métier et dans ma personnalité. Personne ne pouvait m’empêcher de faire ce que je voulais. C’est mon choix par le leur!

Je n’en veux pas aux personnes qui ont tenté d’installer le doute en moi, je ne les juge pas, et je les comprends. Juger autrui c’est se mettre en supériorité vis a vis des autres, faire preuve d’empathie c’est les comprendre en se mettant à leur niveau. Ils ne pensent pas par eux-mêmes, mais à travers les idées qu’ils ont acquises de ce monde!

Grâce à ma nouvelle vie, mon esprit s’est ouvert, je m’assume, je choisis ma propre voie et je sors de cette matrice qui exerce une vraie pression sur nos pensées et nos modes de vie. Chaque jour passé auprès des enfants dont j’ai la charge est un apprentissage. Ils sont si purs, tellement dans l’être ! Devant eux, nul besoin de jouer un rôle, mes masques tombent, je suis moi-même !Les enfants ne jugent pas, ils prennent et vous renvois votre image comme personne d’autre, nous grandissons ensemble ! Bien sûr, il y a des jours compliqués ou tout n’est pas aussi simple, les bobos, les disputes entre enfants, les divers maux de l’hiver et les dents qui pointent le bout de leur nez. Tout cela accumulé à ma fatigue peut rendre les journées très longues, mais ce n’est que temporaire!

Je suis fier de ce que je suis devenu, je découvre qui je suis, mais en plus de ça, je fais ma part. Aujourd’hui ce n’est pas un patron que j’enrichis. La seule chose que je j’enrichis, c’est demain. À travers mon métier, j’apporte une petite contribution au futur. Je tente de rendre demain meilleur qu’il n’est aujourd’hui à travers les petits êtres qui sont à mon contact, par ce que les enfants, c’est l’avenir.

Je vois que mes masques tombent progressivement et plus je me retrouve, plus le monde autour de moi s’illumine, et je reste convaincu que sans ma réorientation, je serais encore cet homme qui travaille sans envie, qui vis sans vivre et non celui qui écrit ces lignes aujourd’hui et qui rayonne de bonheur.

Steve Berna le 25/01/2019 tous droits réservés

Mes écrits m’appartiennent, si j’écris c’est pour partager mes pensées. Pour le respect de mon travail, merci de ne pas faire de copie de ce texte sans citer la source ou sans transférer le lien de mon blog.

6 réflexions sur “L’assistant maternel

  1. Pas facile d’avoir choisi cette voie pour un homme.
    Etant une mamie, je n’aurais jamais pensé mettre l’un de mes petits enfants entre les mains d’un homme pour la simple et bonne raison que nous avons toutes un passé d’inceste.
    Voilà la raison. Toutefois, il y a des femmes, des hommes qui ne sont pas tordus dans ce sens, le seront dans d’autres domaines, telle que la violence,
    J’espère que parmi les jeunes qui n’ont pas eu cette expérience de pouvoir vous faire confiance. Celle-ci ne peut s’établir qu’avec le temps, pour moi. Je ne puis que vous dire bravo pour votre courage et surtout d’y être arrivé. C’est très courageux.
    Je vous aurais eu devant moi, je vous aurais expliqué pourquoi j’aurais refusé de vous prendre. Ceci par respect pour la personne que vous êtes et par respect pour ce que j’ai vécu. Je ne pourrais plus avoir confiance. J’ai soixante-huit ans comme vous le savez, alors pas d’angoisses, elles ne sont pas nécessaires en ce qui vous concerne. Quant aux remarques que j’ai lues, vous les envoyez promener mentalement. 🙂

    J'aime

    • Il y a des fois où on peut comprendre que certaines personnes refusent de laisser leurs enfants à un homme. Je vous comprends totalement. C’est ce que je dis à chaque parents, si vous n’avez pas confiance en la personne qui s’occupe de votre enfant (en moi ou une autre personne) ne laissez pas vos enfant chez elle, c’est contre productif pour vous et pour les enfants (qui ressentent le manque de confiance des parents et qui ne pourront pas s’épanouir pleinement)

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  2. J’ai toujours dit à mes fils que c’est très important de choisir un métier que l’on aime et non parce qu’il est payant. Aimer ce que l’on fait, nous donne envie de se lever le matin pour débuter la journée de bonne humeur. Il faut écouter notre petite voix qui nous guide vers ce dont nous avons envie comme un septième sens. Peu importe les commentaires négatifs ou les gens qui essaient de nous faire changer d’avis.
    Bravo d’avoir persisté.
    Merci d’avoir visité mon blog de poésie.
    Amitiés et bonne continuation!

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